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8 ans et 3 jours après le décès de Roseline Moreu, ma mère, j’apprends ce matin la mort de Pascal Villanova - qui était imminente depuis si longtemps que j’ai fini par la croire impossible. Ce n’est ni la proximité de date, ni bien évidemment une relation filiale, qui me font exprimer en perspective leurs disparitions. Ce ne sont pas non plus leurs caractères et leurs personnalités si radicalement différents. Mais tous deux partageaient une culture dont ils étaient et resteront parmi les tout derniers représentants à Saint-Tropez : celle du commerce utile, du dégout de l’obsolescence mercantile et une connaissance intime de la mer que seuls ceux qui ont accompagné la transformation de son usage professionnel en usage de plaisance peuvent avoir en commun. Au-delà de ce rapprochement inattendu et de l’amitié familiale qui le liait en particulier à mon père et à mon frère, Pascal me touchait singulièrement. Derrière le masque bougon, brusque, voire rude, se cachait un esthète rare. Derrière le taiseux, un conteur hors pair. Derrière le mécano, souvent couvert de cambouis, se révélait le soir venu un homme toujours élégant et à l’intérieur du corps de ce travailleur manuel infatigable bouillonnait l’esprit toujours en éveil d’un homme d’affaires surdoué, d’un investisseur avisé, et d’un détecteur rare des subtilités du comportement de ses congénères. Abrupt, il pouvait être tout à coup aussi désemparé qu’un enfant d’avoir blessé quelqu’un, lui qui avait, chevillée à l’âme, l’ambition d’être juste. (À suivre…) #sainttropez #portdesainttropez #pascalvillanova #famillemoreu toutes photos ©️@simonschwyzer