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28 septembre 2021 - 2022
Voilà qu’un an est passé. Un an comme le souffle lourd de l’ogre qui tous nous dévore.
Un an, le Temps est un drôle de contorsionniste, qui a fait de cette année une étoile filante et furtive et de chaque jour passé, même le plus léger, une course interminable.. ralentie jusqu’au supplice, sans horizon. Les aubes sinistres se succédant sans mollir anéantissant le moindre espoir de crépuscule réparateur.
Pour seule île dans ce naufrage trop banal: une manière de livre de souvenirs de notre vie si peu commune. Et puisque sans île le naufragé est promis aux abysses, sans île plus une âme pour dire ou écrire, j’ai inscrit ici quelques pages de mon journal de bord. Un an… c’est au journal intime que je les réserve désormais.
Depuis ce caillou aride bien que partout cerné d’eau, seule la vue de la mer, tout autour infinie, arrache parfois les yeux obsédés au spectacle du vaisseau fracassé, dévoré par le sel, gisant là sans promesse d’éternité. De sa voile envolée, même du souvenir le plus net, il reste bien quelques lambeaux crasseux flottants au vent … loin, tres loin d’une fière chevelure blonde.
Alors il faut des souvenirs, des récits et des rêves, quelques mensonges aussi. Que serait une vie d’homme si elle n’était pas racontée. Que seraient nos vies sans l’invention géniale de celles des Nôtres ou d’autres ainsi racontées.
Alors aussi il faut s’accrocher à ce qui revient et repart, le sommeil agacé par cette canicule et la sueur, comme parmi tant d’autres un ressac du Songe d’une nuit d’Été, comme Helena s’adressant à Démétrius sous la plume de Shakespeare: « … And I am sick when I look not on you.
(…)
Your virtue is my privilege, for that
It is not night when I do see your face,
Therefore I think I am not in the night;
Nor doth this wood lack worlds of company,
For you, in my respect, are all the world.
Then how can it be said I am alone,
When all the world is here to look on me? »
28 septembre 2021 - 2022
Voilà qu’un an est passé. Un an comme le souffle lourd de l’ogre qui tous nous dévore.