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(… suite) Pascal était aussi — mais où trouvait-il le temps et l’énergie ? — festif et jouisseur, charmeur, et collectionneur : il aimait les voitures rouges et de toutes autres couleurs, les mécaniques parfaites, il aimait les bateaux, leurs vitesses, leurs puissances, il aimait son entreprise, son chantier, ses outils, ses pièces détachées… On lui reprochait un capharnaüm d’un autre temps et des rejets de graisses polluantes : à lui qui classait tout, réparait tout, recyclait tout et ne jetait rien. Il aimait sa grue jaune dont la disparition du paysage portuaire reste pour moi une atteinte fatale à notre identité. Elle rappelait celle du film qui nous a rendu célèbre « Et Dieu… créa la femme » et, même inutile et désarmée, elle devrait être réinstallée, plus par respect pour nous même qu’en hommage à son propriétaire qui le mérite pourtant. J’en reviens à ma mère, petite-fille d’armateurs marseillais, pour qui un port sans grue et sans chantier où s’alignent des bateaux en plastique blanc clignotants de lumières LED multicolores relevait plus d’un rayon d’électroménager que de l’abri simple et chic où, avec mon père, ils ont débarqué dans les années 60. Et peu importe qu’aujourd’hui il faille selon certains, trouver de la place pour des frigos américains king size… C’est de notre âme qu’il s’agit! Notre âme qui vient de perdre l’une de ses voix les plus puissantes. Celles et ceux qui l’ont combattue, qui la trouvaient dépassée, gênante ou anachronique devraient méditer l’ampleur du vide qu’elle laisse et que nul, jamais plus, ne pourra remplacer. Si rien n’est éternel, les regrets s’inscrivent pour longtemps dans la mémoire des lieux. Adieu Pascal. #pascalvillanova #sainttropez #portdesainttropez #authenticity #famillemoreu toutes les photos ©️@simonschwyzer